L’idéal

Certaines émotions sont difficilement contrôlables, nos réactions face à la difficulté, à la complexité de la vie, à la mort, sont diamétralement opposées. Mais la peur, elle , gouverne les Hommes depuis le début. Serait-ce dût aux questions fondamentales relatives à l’inconnue ? Pourquoi la peur se glisse dans chacune de nos actions ? Personne ne peut y rester indifférent. On a beau faire semblant, un tremblement quelconque, un tic, un bégaiement y font allusion. On ne peut la contrôler sans céder à la folie, et sans s’auto-détruire, bien-sûr à une petite échelle il est possible de tromper son petit monde. A une époque il m’est arrivé de travailler sur le « child labour », l’esclavagisme des enfants, mais aussi sur ces enfants soldats d’hier, ceux d’aujourd’hui, de Daesh, que deviennent-ils selon vous ? Des monstres sanguinaires, exhibant des cadavres et des têtes de condamnés à mort ? Mais cette pulsion, cette envie de tuer, chaque personne la possède. Écartons-nous un instant du bien et du mal, laissons de côté ces foutaises religieuses et regardons les choses en face.

Nous ne pouvons pas comprendre, dans notre confort occidental, la réaction excessive de ces individus. Savez-vous ce qu’est la ruine, la perte de sa maison, la perte des souvenirs ? Savez-vous ce que l’on ressent lorsque l’on perd une partie de sa famille, ou même la totalité ? Non, nous ignorons l’effet provoqué par l’ire de la vengeance. Cette vengeance doit être dirigée, à chaque fois, vers un ennemi qui n’en est pas la cause, mais peu importe, lui a eu de la chance dans la vie, se diront-ils, c’est donc face au destin que chacun se bat à sa manière.

La plupart des raisonnements que nous faisons par rapport à la vie, sont fondés sur une relation de normalité, comme si il existait une ligne directrice à suivre, où tout écartement serait le synonyme d’un échec. La perte de temps est selon moi un facteur d’échec, mais malgré tout un minimum d’optimisme est nécessaire, alors il faut relativiser, notre conscience intervient de ce fait et tente de faire le tri, et se raccroche ainsi à cette ligne directrice.

Prenons un exemple, je sais que peu de gens liront cette page, sur ce site, je vois les sourires moqueurs, je vois le mépris des uns et des autres, mais au fond, je vois aussi l’once de réflexion qui survient, aurait-il raison, pourquoi dois-je continuer à lire dans ce cas ? Essaie-t-il de me manipuler ? Pourquoi tente-t-il de flatter mon ego, non, cela n’a pas de sens.

Vous voyez, la conscience est aussi fondée sur la contradiction, c’est en grande partie ce qui nous empêche d’avancer. Sans compter les angoisses liées à l’appartenance d’un idéal. Bon nombre de comiques y font référence, je pense notamment à Gad Elmaleh et ses différents sketchs sur le « blond ». La technique est simple et vous le savez, l’identification du public envers une personne dite « approximativement parfaite » est nécessaire pour s’approprier la sympathie de celui-ci. Il suffit d’y intégrer quelques stéréotypes, et on obtient l’hilarité des spectateurs.

L’effet est ainsi double, sans trop d’efforts on peut se mettre le public dans la poche. Mais on peut aussi voir un mépris caché, un aspect non vu et non compris par la plupart. Par l’apparente moquerie du « blond », ne se moque-t-il pas en réalité de vous ? Ne compare-t-il pas l’idéal de son esprit et de beaucoup de ses semblables aux vôtres ? En d’autres termes il se peut qu’il induise que votre vie est vraiment minable, et il se moque indirectement du ridicule que vous lui inspirez. C’est astucieux car cette aspect reste caché et le public se concentre sur le stéréotype voulu.

Mon Pays